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materia prima

Dans l’espace de l’indéfini hésitant se tient le « sans qualités », le sans détermination absolue. Anne Cauquelin. Petit traité du jardin ordinaire.

Materia Prima évoque tant le processus de création que celui de la destruction. Un monde qui s’effondre ou s’enflamme et qui est dans une perpétuelle mouvance et recréation…
Cette série de photographie a été réalisée en Islande. Ici point de nature exaltée au sens où on l’entend habituellement. Point de végétation exubérante, de paysages paradisiaques abritant une nature féconde, une flore et une faune croissante. Ici est la terre, en son infinité et majestueuse pauvreté, parfois violente et hostile pour l’homme. Je me souviens, lire dans un magazine dans l’avion qui me conduisait pour la première fois là-bas, ce mot inscrit au centre et sur toute la largeur de la carte représentant l’Islande ; «Inhabitable land», car on est là, à ciel ouvert, sur l’ossature de la terre. La roche est rugueuse ou friable et dessine des lignes et des surfaces tandis que l’eau, la glace et les courants tumultueux se répandent dans ses creux et en ses sommets. Découvrir ce monde est comme se plonger aux origines de la création…une terre où tout est en perpétuel mouvement et changement, instable et ce à une échelle qui dépasse celle de l’homme, dans sa temporalité ou sa nature physique.

Les textes anciens nous disent :
C’était à l’origine des temps,
Alors que régnait le néant.
Ni sable, ni mer n’y avait,
Ni vagues glacées.
N’existait la terre,
Ni le ciel très haut.
Immense était l’abîme,
Mais nulle plante ne poussait.
L’Edda, récits de mythologie nordique. Volupsa. Version de Snorri Sturluson.