salitreras

Chacabuco n’a pas d’odeur. La chaleur écrase ses toits de tôles ou ce qu’il en reste, anciens quartiers de mineurs plantés en plein désert au début du XXè siècle, et proche des salitreras, d’où est extrait le nitrate de potassium, Chacabuco est transformé en camp de concentration sous le régime Pinochet, en 1973. Sur les murs se superposent les traces des histoires qui hantent les lieux. Le quadrillage des rues contraste avec les ruines de ces habitations. Sous une chaleur étouffante, on recherche la vie dans cette ville quadrillée, ces bâtisses abandonnées entre ombre et lumière.

À Pedro de Valdivia, la vie s’est arrêtée brusquement lorsque le gouvernement, en 1996, a décidé de mettre fin à l’activité de l’usine de salpêtre salitrera. Inaugurée en 1931 l’officine poussiéreuse et bruyante fondée par les Guggenheim compte rapidement plus de 6000 ouvriers avec leur famille et la vie s’organise dans ce qui devient une ville avec sa mairie, ses écoles, ses logements sociaux, son hôpital, sa piscine, son terrain de football… Aujourd’hui, Pedro de Valdivia, du nom du célèbre explorateur n’est plus qu’une ville fantôme où mais demeurent non loin le nuage poussiéreuse des dernières salitreras où les ouvriers se sont époumonés pendant des décennies dans le silence. J’ai retrouvé sur le site des cahiers des contrats de travail et de santé des ouvriers. … Hernán Riveira Letelier dans la reine Isabel chantait des chansons d’amour (éditions Métailié) décrit les conditions de vie de ces familles.